Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 23 septembre 2017

Marie-Josée Christien, la poésie pour viatique

Marie-Josée Christien était intervenue dans ce blog en janvier de l'année dernière pour défendre la petite édition. La revue Chiendents qui m'avait accueilli dans son n°2 a déjà été largement présentée dans nos colonnes. Je pense par exemple aux numéros consacrés à Michel Capmal, Jacques Basse, Colette Gibelin, Georges Drano, Nicole Drano Philippe Tancelin, ou encore à Michel Destieu. Chiendents a continué son chemin et sa 118e édition est tout entière dédiée à Marie-Josée Christien.


C'est une belle introduction au parcours et à l’œuvre de Marie-Josée qui nous est proposée ici. Tout d'abord Gérard Cléry, Guy Allix, Bruno Sourdin, Michel Baglin et Jacqueline Saint-Jean nous éclairent sur les intentions du poète. Gérard Cléry a retenu le mot "traversée" dans le titre de son introduction reprenant le thème de "La poésie pour viatique". Guy Allix a choisi : "une poésie pour vivre ici", Bruno Sourdin a retenu "les magnifiques fulgurances", Michel Baglin s'est attaché à "une poésie qui ne perd pas pied", quant à Jacqueline Saint-Jean, c'est "les yeux ouverts sur le temps" qu'elle a voulu souligner.
Suivent quelques questions de Gérard Cléry à Marie-Josée Christien. Elle nous livre son sentiment sur la place de la poésie dans le monde actuel, nous dit pourquoi elle écrit, parle de sa première expérience poétique, de ceux qui l'ont influencée, du sens de son itinéraire en poésie, de ses rapports avec l'art.
Cette présentation est complétée par un choix de poèmes qui nous donnent à apprécier l'écriture resserrée de Marie-Josée où chaque mot a été pesé: "Il n'y a rien / que cet élan inachevé / qui remonte du fond du silence / que rien ne protège".
Le numéro se termine par deux lectures par Luc Vidal et Jean Chatard de la poésie de l'auteure. De son recueil Les extraits du temps, le premier écrit : "Chaque poème alors devient une des clés du Temps ("la patrie" de la poète) pour trouver l'issue secrète révélée dans la pierre du poème". De Entre-temps précédé de Temps composés, le second écrit : "La vérité du monde est sous la plume des poètes. Cette vérité, Marie-Josée Christien la souligne à chacune de ses publications et c'est un bonheur de la suivre en ce domaine. Elles s'attardent sur les pierres, sachant combien elles sont bercées par le temps qui passe et les oublie, alors que l'homme (la femme en l’occurrence) les élève et les révèle pour la connaissance et le bonheur de tous."

Compléments :

samedi 26 août 2017

Maurice Couquiaud, enchanteur des "peut-être"

Maurice Couquiaud a déjà eu les honneurs de ce blog, d'abord sous la plume de Laure Dino qui avait présenté son livre J'irai rêver sur vos tombes. Plus récemment, c'est son Anthologie poétique (1972-2012) qui avait fait l'objet d'une de nos chroniques. Voici aujourd'hui quelques lignes sur sa dernière parution qui s'intitule Enchanter les "peut-être" avec en sous-titre Essai poétique sur le principe d'incertitude.


L'auteur a réuni dans ce livre quelques uns de ses textes critiques dont son fameux Manifeste du poète étonné paru dès 1976. Dans l'avant-propos, il nous donne le lien qui les rassemble : "Plongé dans un environnement mystérieux qui l'émerveille ou l'écrase, le poète se doit d'interroger non seulement les détours de sa conscience mais la complexité de l'univers dans lequel l'humanité poursuit son évolution. Le développement de la physique quantique s'appuyant sur le principe d'incertitude a obligé les spécialistes à donner une certaine souplesse à la logique. Le peut-être a régné pendant plusieurs décades sur l'existence des ondes gravitationnelles et de certaines particules appuyant la double personnalité de la lumière."
C'est cette prise de conscience de la complexité du monde qui a conduit Maurice Couquiaud à dialoguer avec les scientifiques pour mieux l'appréhender. Parmi eux se trouve l'astrophysicien Jean-Pierre Luminet qui signe la préface de cet essai et nous donne en substance le sens de ce dialogue entre poésie et science :  "Dans un très beau chapitre consacré au grand poète roumain trop peu connu en France Lucien Blaga, Maurice Couquiaud cite ce très beau vers : "Je m'enivre de cosmos comme un païen". Il est dès lors aisé de comprendre pourquoi l'espace intérieur de l'être poétique puisse avoir un viscéral besoin de puiser dans les mystères de l'espace extérieur, cet immense cosmos dont on ne sait encore s'il est fini ou infini".
Aux côtés de Jean-Pierre Luminet qui est aussi poète, les physiciens Michel Cassé, Etienne Klein, Basarab Nicolescu ou encore Bernard d'Espagnat ont conduit Maurice Couquiaud sur les chemins des "peut-être" préférables aux certitudes qui ont provoqués dans l'Histoire tant de violences. Avec ses émotions et ses images, il y aura semé tout le long des graines de poésie et d'enchantement.

Complément :
- Le livre sur le site de l'éditeur.


mardi 27 juin 2017

La poésie comme offrande

Jean-Marie Petit est associé à ce blog depuis sa création. Ces dernières années, son œuvre s'est enrichie de plusieurs recueils dont nous avons eu plaisir à rendre compte :  Erbari / Herbier, E avèm tot perdonat a l'ivèrn / Et nous avons tout pardonné à l'hiver ou encore Estiva / Estive. Et c'est avec une grande joie que nous présentons aujourd'hui son dernier livre Ofertòri de l'espilhaire / Offertoire de l'élagueur.


 Cette nouvelle séquence en poésie, vue comme un offertoire, a été écrite dans un esprit franciscain. Elle est toute simplicité, complicité avec ce qui fait la trame et l'épaisseur de notre vie quotidienne. La nature et les bêtes y composent l'arrière-plan au devant duquel le temps s'écoule dans ses joies et ses peines. Dieu seul en connaît le mystère et l'auteur ne doute pas qu'il lui en livrera un jour la clef. Dans sa manière d'évoquer l'enfance, l'école, le feu, la pluie, le vent, les saisons... les poèmes de Jean-Marie Petit nous rapprochent également de l'univers de René Guy Cadou. Cette proximité de cœur dessine une géographie dans la poésie, elle permet de regrouper les poètes qui ont choisi, en langue d'oc, comme en français, de parier sur l'amour du prochain afin de nous faire percevoir ce monde comme une offrande.

Complément :
- Le livre sur le site de la librairie Mollat.