Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

mardi 27 juin 2017

La poésie comme offrande

Jean-Marie Petit est associé à ce blog depuis sa création. Ces dernières années, son œuvre s'est enrichie de plusieurs recueils dont nous avons eu plaisir à rendre compte :  Erbari / Herbier, E avèm tot perdonat a l'ivèrn / Et nous avons tout pardonné à l'hiver ou encore Estiva / Estive. Et c'est avec une grande joie que nous présentons aujourd'hui son dernier livre Ofertòri de l'espilhaire / Offertoire de l'élagueur.


 Cette nouvelle séquence en poésie, vue comme un offertoire, a été écrite dans un esprit franciscain. Elle est toute simplicité, complicité avec ce qui fait la trame et l'épaisseur de notre vie quotidienne. La nature et les bêtes y composent l'arrière-plan au devant duquel le temps s'écoule dans ses joies et ses peines. Dieu seul en connaît le mystère et l'auteur ne doute pas qu'il lui en livrera un jour la clef. Dans sa manière d'évoquer l'enfance, l'école, le feu, la pluie, le vent, les saisons... les poèmes de Jean-Marie Petit nous rapprochent également de l'univers de René Guy Cadou. Cette proximité de cœur dessine une géographie dans la poésie, elle permet de regrouper les poètes qui ont choisi, en langue d'oc, comme en français, de parier sur l'amour du prochain afin de nous faire percevoir ce monde comme une offrande.

Complément :
- Le livre sur le site de la librairie Mollat.

samedi 27 mai 2017

À propos d'un tableau de Salvador Dali

Dans les chroniques précédentes, j'ai déjà eu l'occasion de parler de Paul Ricard qui fut un défenseur de la Provence ainsi que de Georges Pompidou pour son amour de la poésie. Salvador Dali m'a donné l'occasion de les associer dans un livre en suivant les chemins parcourus par son chef-d’œuvre La Pêche au thon.


Voici le texte de la quatrième de couverture :

Venu à Paris pour voir La Pêche au thon, le chef-d’œuvre de Salvador Dali achevé en 1967, l'auteur mène l'enquête. Il est conduit à situer le tableau dans l'évolution picturale de son créateur et à suivre ses pérégrinations depuis l'atelier de Port Lligat en Catalogne où il a été conçu, jusqu'au Centre Georges Pompidou où il est momentanément exposé. C'est l'occasion pour lui d'évoquer l'industriel Paul Ricard qui en fut l'acquéreur pour le présenter au public sur l'île de Bendor, ainsi que Georges Pompidou, le président mécène, à qui l'on doit d'avoir inscrit l'art contemporain au cœur même de la capitale.

La parution de cet ouvrage coïncide avec les cinquante ans de la création de
La Pêche au thon, le vingtième anniversaire de la mort de Paul Ricard ainsi que les quarante ans d'ouverture au public du Centre Georges-Pompidou.

Grâce à l'aimable autorisation de la Société Ricard j'ai pu reproduire en couverture La Pêche au thon de Salvador Dali.

Complément :

samedi 29 avril 2017

Istanbul/Paris avec Sevgi Türker-Terlemez - IV

Voici pour terminer cette séquence qui a montré le rôle de passeur joué par Sevgi Türker-Terlemez entre les cultures turque et française, la présentation de Lettres d'Istanbul / rive européenne de Mustafa Balel qu'elle a traduit en français. Nous nous rappelons que Mustafa Balel a été le traducteur dans notre langue de Ayten Mutlu pour Les Yeux d'Istanbul, qu'il a soutenu Sevgi pour sa traduction de L'image de l'univers de Behçet Necatigil, rajoutons qu'il a traduit en turc de grands auteurs comme Michel Tournier, Jorge Semprun ou encore Panaït Istrati. Cette fois, il s'en est remis à une amie qui partage la même passion que lui pour sa ville pour nous la faire découvrir au travers du français. Le livre était paru en turc en 2009, il a bénéficié pour sa publication en France du soutien financier du ministère de la Culture et du Tourisme de son pays.


Bernard Benech  qui a préfacé le livre, nous en donne d'emblée l'esprit : "Ce que produit la lecture des lettres d’Istanbul dont l’écriture se situe à la frontière du journal de voyage et de la confidence épistolaire, est avant tout l’accueil de l’autre en ce qu’il a de différent. L’écrivain en visite dans l’esprit de son personnage adhère à son vécu comme s’il s’agissait de lui-même, le laissant libre de ses mouvements, mais tenant toutefois les fils de son aventure." et Sevgi dans l'introduction qui suit nous précise le propos : "François prend des notes sur les édifices, les marchés (couverts, ouverts, marché aux épices) les coutumes des stambouliotes. Il les transmet, par des lettres  et avec une émotion authentique, à son amie Claire, demeurant en France et travaillant sur un film documentaire dont on ne connaît pas bien la nature. François (le narrateur) décrit İstanbul – ville-monde des historiens et géographes, ville-muse des hommes de lettres et des artistes, ville-carrefour des cultures et des continents – avec la même finesse qu’Evliya Çelebi, le célèbre voyageur de l’Empire ottoman du XVIIe siècle."

Mustafa Balel (Photographie de Kadir Incesu)

 Voici un court extrait qui nous fait entrer avec précision dans la magie d'Istanbul (quand la ville est apaisée) que Mustafa Balel et sa traductrice ont eu à cœur de nous faire partager : "Tevfik Fikret m’a proposé de prendre un verre de çay dans le jardin du thé, de l’autre côté  de la place, derrière lequel se trouvait un gros bâtiment qui serait le Palais de Justice. Proposition acceptée, nous nous sommes mis à une table. Nous avons bu du sirop de griottes tout en contemplant la Mosquée de Sultanahmet qui restait de l’autre côté de l’espace pelouse situé au milieu de la place. La Mosquée Bleue, ornée d’un dôme élégant et  de six minarets élancés, illustrant les pages des encyclopédies et calendriers, était splendide. Tevfik Fikret aurait désiré que nous fassions une petite promenade dans les allées qui contournaient l’espace pelouse où les touristes étaient encerclés par les vendeurs de pamuk helva (barbe à papa) et de kestane kebap (marrons grillés), dans des costumes folkloriques. Vois-tu, je te donne certains mots turcs dont tu auras certainement besoin. On ne sait jamais… C’était très agréable de voir, parmi eux, des vendeurs de şerbet (sorbet  à base d’eau et d’un jus de fruit sucré) se promener comme des artistes de cirque, se donner l’air d’être filmés (par une circonstance hasardeuse de caméra cachée) avec leurs güğüm (brocs) aux épaules et des verres longs à sorbet (şerbet bardağı) qu’ils faisaient cliqueter entre leurs doigts. Leur façon de pencher légèrement leur épaule, à l’approche de chaque client, afin de verser le şerbet du broc au verre, était spectaculaire. "

Compléments :