Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

mardi 10 avril 2018

Conversation transatlantique

J'ai déjà eu dans ce blog l'occasion de rendre compte des livres d'entretiens que j'ai réalisés avec de grands poètes contemporains. Le premier fut Fortune du poète écrit avec Jean Bouhier le fondateur de l’École de Rochefort. Le deuxième Sur la page chaque jour écrit avec Daniel Biga  donnait la parole à un des principaux représentants de la nouvelle poésie qui avait émergé dans les années soixante. Avec le troisième Entre Gascogne et Provence c'était la richesse de la poésie de langue d'Oc d'aujourd'hui qui était explorée au travers des témoignages de Serge Bec et Bernard Manciet. Un quatrième ouvrage complète ce cycle, il s'agit de La diagonale des poètes écrit avec Marc Delouze et Danièle Fournier qui portait sur les moyens que l'on pouvait inventer pour rendre la poésie présente dans la société contemporaine.
À ce premier cycle est venu s'en ajouter un second de conversations. Il est différent du premier car un entretien se veut au service de ce que l'interlocuteur a à nous transmettre. Il s'agit de lui permettre de faire partager au lecteur toute la richesse dont il est porteur. Une conversation ne contient pas la même exhaustivité. Dans le cas présent, le lecteur est témoin d'une interaction dont on ne connaît pas le résultat final. Celui-ci va dépendre d'une certaine alchimie de la parole et de la manière dont chaque réponse va résonner dans l'imaginaire de l'autre .
C'est ce qui s'est produit au cours de l'échange que j'ai eu avec l'historienne et critique d'art new-yorkaise Beth Gersh-Nešić, échange que l'on peut inscrire à la suite des conversations que j'ai eues avec Wernfried Koeffler dans Le poète et le diplomate ou encore avec Philippe Tancelin dans Paroles de poètes, poètes sur parole.


Voici comment nous avons résumé cette conversation en quatrième de couverture :

Beth Gersh-Nešić est une historienne et critique d'art new-yorkaise, Jean-Luc Pouliquen est un poète et critique littéraire vivant dans le sud de la France. Ils partagent une même ferveur pour André Salmon qui fut l'ami intime de Guillaume Apollinaire et de Pablo Picasso. Depuis les deux rives de l'océan Atlantique, ils vont se souvenir de ce début du XXe siècle où il participa en poète et critique d'art à l'aventure du Cubisme. Portés par la conversation, tous les deux vont être amenés à cheminer jusqu'aux créations les plus contemporaines. Dans l'intervalle, ils se seront interrogés sur la place actuelle de la poésie et de l'art en Europe comme aux États-Unis, sur les nouveaux moyens de les diffuser, de les faire passer d'une culture à l'autre. C'est sur le constat d'un art mondialisé, envisagé comme appel à « faire le bien » - comme ce fut le cas dans le passé - qu'ils termineront leur échange.

 André Salmon ayant été un des premiers soutiens de Jean Bouhier lors de la création de L’École de Rochefort, notre échange s'inscrit donc dans une continuité. Il montre même que des deux côtés de l'Atlantique un même esprit peu souffler. Pour y correspondre nous avons décidé de faire paraître également le livre en anglais.


Trait d'union entre les deux éditions, la couverture avec une même illustration du peintre Paul Vilalta.

Compléments :
- Pour se procurer le livre en français et en anglais.
- Le blog de  Beth Gersh-Nešić.
- Le site de Paul Vilalta.


samedi 17 février 2018

Poésie au bord de l'étang de Thau

Nous essayons avec ce blog de rendre compte des initiatives qui sont prises pour rendre la poésie vivante et toujours présente dans la vie moderne. Il y a déjà quatre ans, Michel Bernier nous parlait des lectures qu'il organisait dans une brasserie de Pau. En septembre 2015, c'est Brigitte Maillard qui nous racontait sa présence sur les marchés de Bretagne pour diffuser les parutions les plus récentes des poètes. Nous voici aujourd'hui avec Roselyne Camelio, dont nous avons déjà évoqué l'activité de peintre, pour nous entretenir avec elle des rendez-vous poétiques qu'elle anime au bord de l'étang de Thau.

Roselyne Camelio

Bonjour Roselyne, à quelle nécessité a répondu pour vous l'envie d'organiser ces rencontres poétiques ?

 L'organisation des rencontres poétiques m'a permis de rompre l'isolement dans lequel je m'enfermais inconsciemment depuis la retraite. Elles m'ont permis de renouer avec une vie sociale, et de répondre à une attente : Partager un projet artistique qui rassemble et qui évoque le beau et le rêve. La poésie à laquelle je suis attachée depuis l'enfance, a répondu à ce souhait.

Quels chemins avez-vous suivis pour les mettre en place ? 

 J'ai parlé des rencontres poétiques à quelques amis et lancé un appel par voie de presse pour former un groupe de passeurs de poèmes à Bouzigues (Hérault). Cinq personnes bénévoles ont répondu : Chantal Bayer, Annie Caporiccio, Monique Cazes, Corinne Hardouin, Alain Benet le guitariste et moi-même. Le groupe a adhéré aux objectifs proposés : découvrir ou redécouvrir des poètes connus ou peu connus dans un esprit d'échange et de convivialité, investir différents lieux pour toucher des publics divers (café, salle municipale, bibliothèque.....), s'associer à d'autres manifestations culturelles (vernissage expos, journée des musées, MJC...), choisir une structure d'accueil (foyer rural), pour une aide à la logistique (affichage photocopies micro.....) et une couverture assurance.

Le groupe de passeurs de poèmes

 Quel a été le contenu donné jusqu'à présent à ces rencontres ?

 Chaque rencontre dure environ une heure. La première demie-heure est consacrée à la présentation d'un poète : sa vie, ses écrits, ses poèmes et la seconde est réservée aux œuvres choisies par les passeurs de poèmes (coups de cœur). Depuis mars 2016, nous avons lu la poésie de Jean-Luc Pouliquen, Alain Borne, Juliette Couderc Vercueil, Andrea Genovese, des poètes du Sud de la revue Souffles, des incontournables (Baudelaire,Verlaine, Rimbaud, Aragon, Garcia Lorca...), des poètes de l’École de Rochefort dont René Guy Cadou, ainsi qu'Yves Rouquette, Max Rouquette, Max-Philippe Delavouët... en occitan et en français et de beaucoup d'autres.

Parlez-nous un peu des lieux choisis et du retour que vous avez eu du public. 

En général nous investissons 2 lieux principaux. A la bibliothèque le samedi après-midi, ce sont les séniors qui assistent à la rencontre. L'accueil est chaleureux. Les gens trouvent un réel plaisir à se rencontrer, à échanger des poèmes. La séance se termine par un goûter apporté par chacun. Au bar, en soirée, il a fallu que chacun trouve sa place. Les habitués accoudés au zinc ne participaient pas vraiment. Petit à petit, ils ont tourné leurs chaises vers le coin poésie. Le public, une quarantaine, reprend les chansons du guitariste dont les textes sont en rapport avec les poèmes. La majorité reste en fin de soirée pour échanger autour d'une soupe à l'oignon ou un autre plat préparé par la patronne. Ces moments-là ne sont possibles que grâce au travail des passeurs de poèmes, choisissant dans la palette de leurs émotions, le ton juste pour dire la parole du poète.

Rencontre estivale

Que préparez-vous pour les prochaines rencontres ? 

Les deux prochaines rencontres auront lieu au mois de mars, le 10 à la bibliothèque de Bouzigues, le 17 au Bar du Globe. Elles seront toutes les deux consacrées au poète Jean-Marie Petit qui est, je crois, un familier de votre blog.

Tout à fait, nous avons eu plaisir à l'accueillir ici plusieurs fois. Merci à votre tour de faire partager sa poésie à votre public et bonne continuation dans vos rencontres.

Complément :
Pour être informé des rencontres poétiques de Bouzigues, contacter Roselyne Camelio : roselyne.camelio.varlet@gmail.com






samedi 27 janvier 2018

Une nouvelle revue pour le nouvel an

Commencé en janvier 2010 L'oiseau de feu du Garlaban entame sa neuvième année. Les statistiques du blog indiquent à ce jour plus de 150 000 pages vues. Voilà un encouragement à continuer à faire vivre cet espace au service de la poésie. "Espace" est un mot repris par Maria do Sameiro Barroso pour le titre de la revue qu'elle a créée en 2017 et qui s'intitule en portugais Espaço do ser. Celle-ci se veut internationale et le n°2 auquel j'ai été associé est largement consacré à la poésie de langue française.


La revue voudrait répondre à "un besoin de croissance et de dialogue". Elle est née "d'une pulsation organique, comme celle de la poésie elle-même, invitant à la réflexion et au partage. C'est un espace ouvert sur le monde, un point de convergence qui ajoute des visages et des silences, décodés dans des voix multiples, registres et tendances poétiques". Elle se divise en quatre parties, la première consacrée à un poète invité, la deuxième proposant une anthologie des poètes écrivant dans la langue choisie pour le numéro, la troisième dédiée à la traduction et la quatrième rassemblant des essais sur l'art, la poésie et la littérature. Au final c'est un riche numéro de 130 pages dans lequel les habitués de ce blog retrouveront bien des voix qui y ont été accueillies, de langue française mais aussi, avec traduction en français, occitane, turque ou portugaise du Brésil.

Complément :